SOMMAIRE | MIL, GAC, Mayo-37 : documents publics | 1973


mercredi 13 juin 2007

1000 ou 10000
Groupe Autonome de Combat/septembre1973

1000 ou 10 000 *

Dans la seconde partie des années soixante, le mouvement révolutionnaire renaît à l’échelle mondiale avec les grèves sauvages des mineurs de Limbourg (Belgique 67), mai 68 en France, l’automne chaud 69 en Italie, la grève insurrectionnelle en Pologne en 1970, les mutins des ghettos nord-américains, les révoltes dans les prisons françaises, italiennes, nord-américaines, etc.

En bref, des milliers de luttes dans toutes les parties du globe nous démontrent une résurgence de la violence du mouvement révolutionnaire, qui se traduit par une indifférence totale envers les syndicats, la lutte pour l’abolition de l’autorité et de la hiérarchie, le sabotage du processus de production et des marchandises dans les entreprises...

Cette forme de résurgence du mouvement révolutionnaire s’est produite en Espagne avec les luttes similaires à celles du monde : généralisation des comités et des commissions d’entreprises dans la lutte permanente à la base contre le système d’exploitation et l’oppression du capital, boycott total des syndicats (printemps 71) grèves sauvages et actions violentes des masses dans les fabriques et les quartiers (AEG de Tarrasa, Harry Walker, SEAT, Granada, Ferrol, San Adrian, Pamplona, etc.). Ces luttes se présentent comme une nécessité d’auto-organisation de la classe pour la destruction du système et de l’Etat capitaliste, pour la venue du communisme.

Au cours de cette résurgence du mouvement révolutionnaire, l’unique intervention des communistes prend la forme de la résolution des tâches et des problèmes posés dans le mouvement révolutionnaire réel dans sa lutte à la base.

La prolifération à l’échelle mondiale de groupes spécifiques répond aux besoins propres qu’ont les communistes pour la résolution de ces tâches dont la pratique s’adapte suivant leur position historico-géographique.

Le MIL est une des formes concrètes que prennent les groupes spécifiques en Catalogne pour développer leur rôle d’agitation par le moyen de l’acte et de la parole. Avec l’apparition des premières grèves sauvages et des premières actions violentes de la classe, le MIL naît pour appuyer ces dites luttes. Cet appui et cette participation se traduisent par la participation à la rédaction de textes, délibérément oubliés par la contre-révolution, qui, par leur nouveauté, reposent le problème du communisme. Pour les communistes d’aujourd’hui, le problème de l’abolition du capital passe par la démythification du réformisme des groupes et groupuscule qui ne sont que l’extrême gauche du programme du capital. C’est la présence de ces vieilles idéologies, qui tentent de s’introduire comme avant-garde de la classe ouvrière, qui nous oblige à en parler comme suit : de la stratégie de la misère à la misère de la stratégie. La réalisation des tâches que nous nous sommes imposées exige un long processus de structuration. Durant ces trois dernières années, le MIL a développé un travail d’agitation ainsi que ce travail de structuration. [...] La violence révolutionnaire que développent les groupes spécifiques est une réponse globale du prolétariat à la violence physique du capital. Les manifestations de rage et de colère, etc., sont des expressions de guerre civile révolutionnaire latente.

Le rôle des groupes spécifiques est l’approfondissement communiste de cette situation globale.

La simultanéité de l’agitation et de la dynamique du processus de structuration nécessaire a abouti à une structure organisationnelle politico-militaire en nette contradiction avec le rôle d’approfondissement communiste des contradictions sociales.

Face a cette réalité, le MIL s’auto-dissout.

Les communistes qui appartenaient au MIL continuent leurs tâches d’agitation dans des groupes spécifiques appelés GAC (Groupes autonomes de combat).

En septembre 73 certains communistes organisés dans divers Groupes autonomes de combat sont arrêtés par les forces armées du capital. Aujourd’hui, aussi bien la gauche que la droite du capital essayent maintenant de justifier, en ayant recours à une solution "humanitaire" leur nécessité de destruction de leur contraire : le communisme. Les communistes des GAC/septembre 73 considèrent que l’intensification de la lutte pour la destruction du système qui engendre la répression est la meilleure manière de développer la solidarité des révolutionnaires avec les emprisonnés.

Nous faisons appel à tous les révolutionnaires pour que leurs luttes contre la répression soient leur propre démythification comme une nécessité logique et fatale du capital ; pour qu’ils diffusent les textes historiques des luttes du prolétariat censurés par la contre-révolution, les textes actuels qui posent le problème du communisme dans les diverses parties du globe ; pour qu’ils situent le problème de la violence révolutionnaire dans son contexte réel : la guerre civile révolutionnaire ; enfin, nous appelons tous les révolutionnaires pour qu’ils interviennent dans l’approfondissement communiste des contradictions sociales du système du capital.

Ni martyrs, ni procès, ni prisons, ni salaires ! Vive le communisme

Groupe Autonome de Combat/septembre 1973

*texte écrit à la prison Modelo de Barcelone par Oriol Solé Sugranyes, Jose L. Pons LLobet, F.J Garriga Paituvi, Santiago Sole Amigo, Ramon Carrion Sanchis, J.J. Vinyoles Vidal , Georgina Nicolau Milla.