SOMMAIRE | MIL, GAC, Mayo-37 : documents publics | 1973


mercredi 13 juin 2007

Angleterre : le procès des huit de Stoke Newington
[La Brigade de la Colère 4]

Angleterre : le procès des huit de Stoke Newington
[La Brigade de la Colère 4]

« Je préfère être un prisonnier politique étranger en Espagne qu’être un prisonnier politique en Grande-Bretagne »
Stuart Christie (A sa sortie de prison)

Le 6 décembre dernier, à la Cour centrale criminelle de Londres, l’OLD BAILET, s’est achevé le procès contre les huit de STOKE NEWINGTON, procès que la presse anglaise a baptisée « Procès de la BRIGADE DE LA COLERE ». Le juge JAMES condamna JOHN BARKER, HILARY CLEERK, JIM GRENFIELD et ANNA MENDELSON à dix ans de prison chacun ; les quatre autres inculpés furent acquittés (STUART CHRISTIE, CHRISTOPHER BOTT, CATERINE MAC LEAN et ANGELA WEIR). Le treize décembre, les étudiants d’ESSEX (où HILARY CREEK [sic] et ANNA MENDELSON faisaient leurs études) firent une grève de 24 heures pour protester contre les condamnations.

Le procès des huit de STOKE NEWINGTON commença le 30 mai 1972, dura plus de six mois et 111 jours d’audience avec (fait exceptionnel) une interruption de trois semaines en août. […]

Un procès politique

Les huit personnes poursuivies (qui vivaient dans le quartier de Stoke Newington, dans le Nord de Londres) étaient accusées d’avoir participé à une « conspiration ayant pour but de provoquer des explosions », à laquelle les autorités ont attribué 25 attentats à la bombe, deux mitraillages d’ambassades, entre les mois de mars 1968 et août 1971. Il y aurait beaucoup à dire sur la loi de conspiration, laquelle permet de condamner à des peines illimitées toute personne qui aurait eu l’intention de commettre un acte illégal avec d’autres personnes ; même si l’accusation ne peut pas identifier les autres personnes impliquées ; même si l’acte illégal objet de la conspiration est passible, mené de manière isolée, d’une simple amende (en poussant à l’extrême, l’acte pourrait être parfaitement légal mais être la conspiration d’un crime). […] En l’absence de preuves concrètes et l’acte ayant un mobile politique, on en arrive à la conclusion que l’autorité judiciaire a statué sur les opinions politiques et sur les activités politiques des accusés : le délit d’opinion n’est pas loin. En prononçant les condamnations, le juge James a souligné les termes utilisés par le procureur au début du procès : « Les huit inculpés, qui affirment être révolutionnaires et anarchistes, ont tenté, sous différents noms, de troubler et d’attaquer la société démocratique de ce pays ». […]

CIA : Conspiration Internationale Anarchiste ?

Le cas de la Brigade de la Colère est particulièrement important et ne se limite pas aux frontières du Royaume-Uni. Et son actualité ne se réduit pas à d’autres procès qui vont avoir lieu à Londres. […]

La condamnation de Stuart Christie satisfait ceux qui maintiennent la thèse de la Conspiration Internationale Anarchiste. […]