SOMMAIRE | MIL, GAC, Mayo-37 : documents publics | 1971


mercredi 5 décembre 2007

REVOLUTION JUSQU’AU BOUT
(Prologue inédit du pavé du même nom. Barcelone 1970-1971. Brouillon)

Les signataires du congrès d’autodissolution ont écrit dans leur résolution : « En avril 1970, le MIL développe une critique ouverte contre toutes les lignes réformistes et gauchistes (« LE MOUVEMENT OUVRIER A BARCELONE »). La même année, un travail se développe autour de la critique du léninisme (« LA REVOLUTION JUSQU’AU BOUT » (1)). » […] Ce faisant, alors qu’aucun « congrès » de constitution n’a jamais eu lieu, ils pointent le doigt de manière explicite sur les textes constitutifs de l’activité du groupe. Autant ces textes que « Que vendons-nous ? RIEN. Que voulons-nous ? TOUT ! », élaboré à la suite de la grève de H.W., sont sans aucun doute des textes ayant structuré autant leur activité que tous les autres textes que le groupe politique a signés, que ce soit en tant que MIL ou en tant que Mayo 37. En attendant qu’une traduction complète puisse être faite, il nous semble intéressant de traduire le prologue inédit à « La révolution jusqu’au bout », écrit par Santi Soler, ainsi que « Que vendons-nous ? RIEN. Que voulons-nous ? TOUT ! ». (1) Edité en 1971.

(Prologue inédit du pavé du même nom. Barcelone 1970-1971. Brouillon)

Quand la révolution ne se pose pas dans sa radicalité, jusqu’au bout, le mouvement révolutionnaire ne parvient pas à atteindre ses objectifs authentiques. La lutte internationale de la classe est en train de rompre avec les vieux moules théoriques, politiques et organisationnels : les récentes expériences du mouvement ouvrier en Espagne mettent aussi en évidence ce règlement de comptes avec les vieux mythes et dogmatismes, condition indispensable pour l’unique approche authentiquement révolutionnaire, pour la révolution jusqu’au bout.

Le présent texte ne se limite pas à présenter de manière explicite une situation de rupture du mouvement ouvrier par rapport aux erreurs passées, mais se propose de provoquer de nouvelles formulations révolutionnaires sur le terrain même de la lutte et de maintenir tout au long du processus une attitude éminemment critique. Nous posons ici la problématique complexe et hétérogène de la lutte de la classe : les nouveaux concepts, les nouvelles réalités, le projet révolutionnaire (le vrai...). Les révolutionnaires doivent mener ces questions si fondamentales jusqu’au bout.

Cet écrit ne se limite pas à résoudre des problèmes, à suggérer de nouvelles approches et à susciter de nouvelles formulations révolutionnaires : il prétend maintenir sur toutes ces questions une exigence critique fondamentale. D’une certaine manière, on peut dire que ceci est un texte significatif au sein d’une « étape de transition » du processus révolutionnaire : étape qui peut et doit être dépassée définitivement, en s’attaquant à la racine des questions, en allant jusqu’au bout.

Nous avons eu recours pour cette étude au bagage théorique classique, ainsi qu’à une série d’apports qui ont clarifié sa portée et son sens réel : les œuvres fondamentales de Marx et Engels, particulièrement « L’idéologie allemande », les « Grundisse » et la première parie du « Capital », « L’Etat et la révolution » de Lénine, « La révolution trahie » de Trotski, « L’accumulation du capital » et « Marxisme contre dictature » de Rosa Luxemburg", « Histoire et conscience de classe » de Georg Lukaes ; des publications classiques de Paul Lafargue, Karl Kautsky, Rudolf Hilferding, Max Adler, Amadeo Bordiga, Antonio Gramsci, Anton Pannekoek, Herman Görter, Otto Ruhle, Anton Ciliga, Tomori, etc. ; des revues comme « Socialisme ou barbarie », « Internationale situationniste », « Arguments », « Autogestion », « Anthropos », « Cahiers Spartakus », « Invariance », « Cahiers du communisme des conseils », « Sozialismus-Politik », « Informations Correspondance Ouvrières », etc. ; des auteurs actuels comme Henri Lefebvre, Lucien Goldmann, Edgar Morin, Pierre Naville, Ernst Mandel, Daniel Guérin, Jacek Kuron, Karol Modgelewski, etc. ; c’est-à-dire, un large éventail d’apports critiques à élargir indéfiniment jusqu’au bout.

Le bagage critique qu’implique toute notre étude de la complexe problématique révolutionnaire actuelle ne se présente pas comme quelque chose d’infaillible et pleinement cohérent puisqu’il constitue la trame d’une étude qui se considère comme n’étant ni complète ni achevée, ni définitive ni exhaustive, mais qui veut être fondamentalement un point de départ plus qu’un point d’arrivée ; notre tentative veut refléter de manière critique le degré de conscience présenté par le mouvement ouvrier lors des dernières luttes, ici et maintenant. Cet écrit n’est que le commencement, en phase avec le moment actuel du mouvement ouvrier et avec ses exigences critiques. Cependant, la lutte continue : jusqu’au bout...


REVOLUTION JUSQU’AU BOUT