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mercredi 13 juin 2007

Communisme contre léninisme

1. Concept de révolution
- Ce n’est pas un acte, un moment, mais un processus, un mouvement permanent ; ce n’est pas un futur incertain mais qui se situe dans toute l’activité présente.
- Cause objective : les contradictions que le capitalisme porte en son sein depuis le début désavouent ce système depuis toujours et donnent sens au processus rév.
- Cause subjective : le sujet de la révolution est la classe ouvrière, le prolétariat entendu dans son sens large, ceux qui désavouons le capitalisme.
- Le processus rév. n’admet pas de pieuses limitations : il est violence, insurrection perm.
- Toute contestation, même partielle, du système, en tant que formes radicales de refus du capitalisme font partie de la révolution communiste, de la rév.

2. Concept de conscience de classe
- La classe ouvrière va plus loin dans ses actes que ce que sa propre conscience lui dicte, la situation dans laquelle elle se trouve la pousse à aller toujours plus loin.
- Théorisations sur cela : a) Hegel parle de la « conscience en “retard“* » (il dit que « l’oiseau de Minerve ne surgit qu’après le jour* » ou quelque chose comme ça), b) les situs (« La classe ouvrière a juste besoin de prendre conscience de ce qu’elle a déjà fait pour avancer encore et encore »), c) Lukaes (« L’opportunisme confond la conscience psychologique de fait des prolétaires avec la conscience de classe du prolétariat »), d) bordiguisme (« La classe est révolutionnaire ou n’existe pas, son être, son essence, son pour-soi, etc., c’est la révolution »), etc.
- Tout cela entraîne un problème. Kautskisme et léninisme profitent de cette tension entre ce qui est et ce qui va être pour formuler une théorisation réactionnaire, empruntée à la bourgeoisie : la classe ouvrière ne pouvant être, seule, plus que trade-unioniste, elle doit acquérir sa conscience de l’extérieur, de la bourgeoisie (1), et le parti est l’instrument permettant d’introduire dans la classe ouvrière cette conscience qui provient de l’extérieur, pour la contraindre et la diriger.
- Face à cela, la réaction la plus superficielle est de refuser le léninisme en invoquant le « spontanéisme », la « lutte sauvage », le « culte de la spontanéité », etc. Tout cela va dans le même sens que le langage des léninistes pour arriver à des positions opposées.
- Ce dont il s’agit, c’est de refuser la domination de la lutte de la classe ouvrière par un organisme éloigné et extérieur à elle, et de refuser sa justification théorique qui est purement réactionnaire puisqu’elle parle de conscience extérieure, d’incapacité de la classe ouvrière, et de donner une forme organisationnelle à de telles thèses (le parti).

3. Concept d’organisation
- Bien que Marx parle à plusieurs reprises de « parti », il est contre le concept léniniste de parti formel bourgeois et se réfère, particulièrement à partir de la Commune, au « parti historique du prolétariat », au « produit spontané de la lutte de classes » ; il faut donc éviter d’utiliser le concept de « parti » puisqu’il est équivoque n’étant entendu que dans son sens bourgeois ou dans son sens léniniste.
- Il est bien meilleur d’employer « organisation de classe », « organisation unitaire », « Conseils Ouvriers » comme alternative au concept léniniste d’organisation, pourvu que l’on ne confonde pas « organisation de classe » avec organisation de masses, de comités, de cellules d’entreprise et autres formes de tournure syndicaliste, qui sont un complément à la conception léniniste du parti dont ils sont au service.
- De toute façon, opposer une formule organisationnelle non léniniste à une formule organisationnelle léniniste met de côté les questions de fond ; la préoccupation pour organiser l’organisation, comme les léninistes ou les bourgeois, n’est que pur fétichisme.
- Il ne s’agit pas d’organiser l’organisation mais d’organiser la révolution. La classe s’organise en fonction de tâches concrètes et des situations : il n’existe donc pas une formule organisationnelle valide pour toujours, chaque moment historique suppose des exigences organisationnelles concrètes en fonction des tâches.
- En définitive, ce n’est pas l’organisation qui fait la révolution, mais la révolution qui fait l’organisation ; l’importance de la question organisationnelle consiste à éviter de construire quelque chose qui pourrait ensuite entraver le processus rév. et non à accélérer la rév. par de simples formules organisationnelles (la rév. s’accélère par les tâches concrètes que les rév. réalisent, par le contenu et non par la forme).

* En français dans le texte.

(1) L’approfondissement quant au concept de conscience de classe et au concept d’organisation sont un point indispensable pour la rupture avec le léninisme, le point préalable. Cette rupture n’entraîne aucune alternative si le concept de révolution n’est pas approfondi à un niveau supérieur de sorte qu’il ne reste pas dans des généralités mais qu’il débouche sur des approches concrètes de tâches concrètes aujourd’hui (c’est-à-dire, si le contenu de « Contestation », « Violence », « Insurrection », etc., n’est pas approfondi).


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