SOMMAIRE


mercredi 20 juin 2007

Présentation

Aujourd’hui comme hier, la tentative anticapitaliste ne peut faire l’impasse de l’intégration dans nos vies des mouvements du passé.

Aujourd’hui comme hier, la dénonciation des tentatives de renouveler les discours de la soumission nous oblige à mettre en avant le discours de l’insurrection du prolétariat. Qu’elle soit individuelle ou collective.

Partout et toujours, la soumission ne peut se combattre que par la révolution.

Partout et dans tous les combats, les insurgés se doivent de choisir l’esquive sans compromis en lieu et place de la négociation dans le reniement des combats du passé et l’infidélité aux camarades morts au combat.

Quelques années après sa naissance, et après avoir poursuivi les anarchistes de ses fatwas idéologiques, la social-démocratie assassine des camarades de la veille et envoient les troupes contre les prolétaires.

Depuis, tout en prétendant que l’Etat va se dissoudre, les réformistes de tout poil, qu’ils soient extrémistes ou non, tantôt au pouvoir, tantôt dans l’opposition, ne font qu’insuffler la vie à une institution qui, sans leur action, serait agonisante.

Face au réformisme socialiste, les jeunes anarchistes du début du XXème siècle n’avaient d’autre choix que l’usage d’une violence tendant à contrecarrer la violence incluse dans les programmes sociaux-démocrates.

Autant d’enseignements que l’on peut tirer de l’action des anarchistes en France et du mouvement communiste des conseils ouvriers en Allemagne dès le début du XXème siècle.

En Ibérie, les tendances insurrectionnelles s’étaient manifestées par le biais du communisme anti-étatique des ouvriers et des paysans. Le face à face avec le stalinisme, le réformisme républicain et libertaire fut sanglant pendant la guerre civile de 1936-1939. Triste spectacle d’une bureaucratie libertaire, genoux à terre face à l’Etat républicain, collaborant à l’enterrement des avancées communistes qu’elle prétendait propager la veille.

Les jeunes qui, à la fin des années 60 et au début des années 70, tournaient autour du mouvement MIL s’affrontèrent au sein du mouvement ouvrier au dirigisme léniniste. Ils tournèrent aussi le dos à la bureaucratie libertaire. Voulant reprendre contact avec les tendances communistes et anarchistes non plombées par l’idéologie dominante, et mus par les nécessités du moment, le choix des armes s’est imposé à eux. Dans un premier temps pour lancer l’édition de textes révolutionnaires et soutenir les groupes de prolétaires se démarquant du réformisme ; ensemble, ils allaient franchir un autre pas, dans des conditions non choisies.

Cette histoire devait être écrite. En s’éloignant des clichés et sans céder au crédit de la mémoire défaillante des individus (certains s’étant détournés des tentatives et des rêves partagés à l’époque), mémoire qui révèle l’anecdotique pour masquer ce qui fut fondamental. L’ étude menée par Sergi Rosés Cordovilla, "Le MIL : une histoire politique", livre dans le détail les aspirations qui inscrivaient l’action de ces jeunes dans l’ensemble du mouvement communiste.

A l’occasion de l’édition en langue française de ce travail, édité par Acratie (http://acratie.ouvaton.org), ce fonds d’archives a été créé afin de faire connaître les textes qui ont servi de clé de voûte à leur action politique. Ainsi, sur ce site, le visiteur pourra trouver les textes du MIL, des Editions Mayo 37, lettres et circulaires internes, ainsi que d’autres documents issus du mouvement ouvrier autonome de la Barcelone du début des années 70. Notre ambition est de constituer un fonds d’archives, de créer une compilation exhaustive en ligne des textes originaux, avec le plus souvent possible leur traduction en français. Chacun pourra ainsi saisir la porté de l’action du groupe, mais cela apportera surtout pour les jeunes générations des éléments de réflexion pour leur activité anticapitaliste.

L’activité des camarades qui se distingueront sous l’appellation MIL ne fut que la résultante d’un mouvement plus large dans le mouvement ouvrier. Avant de se résoudre à piller des banques, ils avaient déjà eu une activité dans la clandestinité ; l’élaboration, l’édition et la distribution des textes ne commença pas après la première attaque à main armée mais bien plus tôt. Leur existence même ne peut pas être comprise sans connaître la réalité du mouvement anti-autoritaire du prolétariat en Ibérie dans la fin des années 60 et au début des années 70.

L’autodissolution du MIL ne signifie pas l’arrêt de l’activité d’élaboration et de propagande, ni dans l "agitation armée", bien au contraire. Ceci, le lecteur pourra le constater en étant attentif aux dates et aux annotations des textes édités et élaborés, que se soit sous la signature MIL, du MIL-GAC, de Mayo 37, de l’"Equipe Théorique"...